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Pratiques exemplaires

Espace virtuel, ton professionnel

Des membres de la profession commentent notre recommandation sur les moyens de communication électroniques et les médias sociaux.

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Peut-on faire preuve de professionnalisme en tout temps? D’après Cédric Van Den Akerboom, EAO, la clé est de se rappeler, et souvent, l’importance de bien peser ses mots.

Ce judicieux conseil s’applique à toutes les interactions, mais peut-être davantage aux communications en ligne, où les subtilités sont évacuées. Sur une plateforme en ligne, M. Van Den Akerboom prendra parfois jusqu’à 10 minutes avant de trouver la bonne façon de s’adresser à sa classe, question de refléter le ton professionnel qu’il utilise en présentiel.

«Il faut être doublement prudent, affirme l’enseignant d’une classe combinée de 3e et 4e année du Conseil scolaire Viamonde. Il faut aussi être positif et direct, sans laisser de place à l’interprétation.»

Il s’en remet à ce qu’il appelle son «vocabulaire professionnel». En dehors des heures de cours, il s’assure également de bien choisir ses mots et les images qu’il affiche. Il s’exprime rarement sur les médias sociaux et, quand il le fait, il évite les sujets controversés et les anecdotes intimes.

«À titre de pédagogue, il faut donner l’exemple tant en salle de classe qu’en ligne», rappelle-t-il.

En 2017, l’Ordre a émis la recommandation Maintenir le professionnalisme – Utilisation des moyens de communication électroniques et des médias sociaux, qui aide ses membres à mieux comprendre leurs limites et responsabilités professionnelles afin d’utiliser correctement ces outils.

Shayle Graham, EAO
«Pour bon nombre d’élèves et d’adultes, les communications en ligne constituent une jungle sans foi ni loi, où tout un chacun peut s’exprimer avec impunité.» — Shayle Graham, EAO

Les nouveaux médias créent de nouvelles façons d’enrichir l’éducation et offrent des possibilités innovantes pour l’apprentissage et l’enseignement. Par contre, le risque de tomber dans une embuche augmente avec le nombre de nouveaux modes de communication.

En cette époque où les échanges informels dans le monde branché de Facebook, d’Instagram de Twitter et de YouTube sont monnaie courante, faut-il s’inquiéter d’un éventuel glissement vers le manque de professionnalisme? Les enseignantes et enseignants peuvent-ils se relâcher quand ils communiquent à l’extérieur de l’école? Ils ont certes une vie privée, mais ils travaillent dans le domaine public. Doivent-ils alors appliquer le même jugement en dehors de l’école qu’à l’intérieur de l’école?

Comme le souligne la recommandation, les médias électroniques et sociaux sont omniprésents : logiciels de messagerie ou de conversation vidéo, sites web, applis, courriels, textos, blogues et plateformes de réseautage social. Pour s’assurer de faire preuve de professionnalisme en tout temps, bon nombre d’enseignantes et d’enseignants agréés de l’Ontario se sont livrés à une réflexion sur le contenu de la recommandation.

Il est important d’instaurer dès le départ un «climat civil». La recommandation porte notamment sur le besoin de donner l’exemple d’une citoyenneté numérique responsable et de cerner les attentes.

C’est là un point capital pour Shayle Graham, EAO. Pour bon nombre d’élèves et d’adultes, les communications en ligne constituent une jungle sans foi ni loi, où tout un chacun peut s’exprimer avec impunité. Mme Graham, qui est conseillère en stratégies pour l’équité et l’antioppression et qui a enseigné en 4e et 5e année au Toronto District School Board, l’a constaté en personne. Elle sait que des élèves aussi jeunes se livrent à la cyberintimidation et font des commentaires inappropriés en ligne, et que les effets de ces comportements se font sentir dans la classe.

«Ce genre de problème passe souvent inaperçu, car les gens pensent que les élèves sont trop jeunes, indique-t-elle. J’ai dû organiser des cercles communautaires en classe pour parler des comportements appropriés. J’ai fait équipe avec des travailleurs sociaux, et nous avons parlé beaucoup des sentiments et du pouvoir des mots.»

Même si, comme bien des professionnels d’aujourd’hui, M. Van Den Akerboom utilise des moyens électroniques avec ses élèves afin que ces derniers puissent partager et afficher leurs travaux, il estime que la plateforme ne devrait avoir aucune influence sur sa manière d’agir, ni sur celle de ses élèves.

Lorsque l’apprentissage à distance a commencé au printemps de 2020, M. Van Den Akerboom a élaboré un code de conduite sur les communications en ligne pour les élèves. Il utilise un compte Instagram de classe pour permettre aux parents (avec leur consentement) de voir des photos des activités de classe.

À son avis, le moyen de communication ne devrait influer en rien sur la façon d’agir. Lorsqu’un élève de 4e année a utilisé le compte de la classe pour lui poser une question, sans ponctuation et en utilisant une salutation argotique que tous les membres de la classe ont pu lire, l’enseignant a envoyé une réponse privée à l’élève, lui rappelant poliment mais fermement de soigner son style.

«Même avec les outils en ligne, les élèves doivent savoir comment se comporter et agir de façon respectueuse et responsable», affirme M. Van Den Akerboom.

Cela vaut également pour les enseignants. Selon Mme Graham, un message transmis de façon électronique n’est pas forcément reçu de la même façon qu’un message transmis en personne. On ne peut pas se fier à l’intonation ni à la gestuelle ou au regard de notre interlocuteur. Avant d’envoyer un courriel à un élève, Mme Graham l’analyse en s’assurant de laisser le moins de place possible à l’interprétation, et elle l’envoie toujours aussi à un collègue, «par prudence».

Alan Yeung, EAO
«Lorsqu’on communique avec un élève, il importe de se demander si l’on transmettrait le même message, et de la même façon, à un groupe d’élèves, ou en présence de l’administration.» — Alan Yeung, EAO

Votre message est-il professionnel? Outrepasse-t-il, même accidentellement, une limite? Alan Yeung, EAO, s’en remet à un test tout simple.

«Lorsqu’on communique avec un élève, il importe de se demander si l’on transmettrait le même message, et de la même façon, à un groupe d’élèves, ou en présence de l’administration, indique M. Yeung, chef de la technologie à la St. James Catholic High School du Wellington Catholic District School Board, à Guelph, en Ontario.

Krista Sarginson, EAO, a adopté une philosophie similaire. À ses débuts, elle s’adressait toujours à ses élèves comme si leurs parents se tenaient juste derrière eux. (Ces jours-ci, rappelle-t-elle, les parents pourraient bel et bien se trouver derrière leurs enfants, sans même qu’on le sache.) Elle suggère de toujours agir ainsi, peu importe le type d’interaction.

À la St. Leonard Catholic School de l’Ottawa Catholic District School Board, à Manotick, en Ontario, Mme Sarginson enseigne aux élèves de 5e année. Elle utilise un compte Twitter et une page web de classe, ainsi que la plate- forme Google Hangouts. Elle échange des messages avec ses élèves pour approfondir certaines questions, en précisant, chaque fois, que la communication doit être «ciblée et responsable».

Selon Mykael Jackman, la prudence est de mise. Une émoticône de binette ajoutée à un texto pour féliciter un élève d’un travail bien fait a la même valeur qu’un bonhomme sourire dessiné sur son travail. Rien de bien méchant. Mais un message tout en majuscules avec trois points d’exclamation lui rappelant de ne pas oublier de rendre son travail peut paraitre agressant.

Comme le souligne M. Jackman, qui enseigne la coiffure à la Durham Hairstylist Academy (un programme de niveau collégial géré par le Durham District School Board et enseigné au G.L. Roberts Collegiate and Vocational Institute, à Oshawa, en Ontario), le risque n’en vaut pas la chandelle.

Krista Sarginson, EAO
«J’échange des messages avec mes élèves pour approfondir certaines questions, en précisant, chaque fois, que la communication doit être “ciblée et responsable”.» — Krista Sarginson, EAO

En effet, il est sensé d’adopter une approche prudente. Des preuves sous forme de courriels, de textos et d’autres moyens de communication électroniques inappropriés ont été utilisées au cours d’audiences disciplinaires et citées dans des décisions de faute professionnelle. Il s’agissait dans certains cas de courriels utilisant un langage informel et non professionnel, notamment des messages vulgaires, des échanges de textos de nature intime ou personnelle ou des envois à des élèves, par voie électronique, de matériel sexuel explicite.

Il est également avisé de ne pas envoyer à des élèves des demandes d’«amitié» ou des invitations à vous «suivre» sur les médias sociaux, de même que de refuser celles qu’ils vous envoient, ni d’échanger de textos privés, de numéros de téléphone, d’adresses électroniques personnelles, de vidéos ou de photos de nature personnelle.

La recommandation souligne l’importance de toujours faire preuve de professionnalisme quand vous communiquez en ligne, tout comme vous le feriez dans la communauté. Ainsi, si vous utilisez une page web ou le site d’un réseau social dans un contexte professionnel avec les élèves, traitez cet espace virtuel comme une salle de classe. Appliquez rigoureusement les mêmes normes professionnelles. De plus, si vous affichez du contenu sur les réseaux sociaux, demandez-vous s’il pourrait donner une mauvaise impression de vous, de votre école ou de la profession enseignante.

Shayle Graham souligne qu’elle a entendu des collègues faire des commentaires inappropriés devant des parents et traiter des élèves avec condescendance. C’est inadmissible, surtout sur les réseaux sociaux, où un message peut faire boule de neige. «Les médias sociaux ne sont pas un journal intime où l’on peut se défouler, rappelle-t-elle. Sur Twitter, je vois beaucoup de collègues exprimer leur mécontentement au sujet de la profession et en parler avec mépris. Faut-il exprimer de tels sentiments à qui veut l’entendre? Qu’est-ce qu’on y gagne?»

L’Ordre a imposé des sanctions à des membres en raison de leurs agissements sur les médias sociaux. Comme on l’a rapporté dans le numéro de juin de Pour parler profession, un membre a été suspendu et réprimandé pour avoir propagé des gazouillis contenant des propos insultants sur les musulmans, les immigrants et les réfugiés. Dans sa décision, le sous-comité de discipline a écrit que, par sa conduite, le membre avait «risqué de porter atteinte à ses relations professionnelles et à la confiance que le public accorde aux enseignants».

Aux États-Unis, des pédagogues se sont mis dans une mauvaise posture parce qu’ils ont envoyé des gazouillis disant (à la blague, s’il faut les croire) qu’ils aimeraient poignarder certains élèves, traité des élèves de certains noms sur Instagram, affiché sur les médias sociaux des photos les montrant dans des poses très suggestives ou animé une baladodiffusion favorable à la théorie de la suprématie blanche.

Les membres de la profession peuvent-ils vraiment «décrocher» à la fin de la journée et faire fi des normes professionnelles? Lisa Commisso, EAO, enseignante à l’Halton Catholic District School Board, a constaté que des collègues affichent, sur Facebook, le décompte des nombres de jours restant avant la fin de l’année scolaire. Certains signifient même leur intention d’ouvrir une bouteille de vin dès que la cloche retentit.

Si de tels petits écarts ne se comparent guère à des fautes plus graves, Mme Commisso s’interroge quand même sur le message qu’ils véhiculent. «Faites preuve de jugement professionnel», conseille-t-elle. On dit que l’intégrité et l’éthique se reconnaissent aux gestes que l’on accomplit quand tout le monde a le dos tourné. La clé est de faire preuve de constance, tant dans la vie publique que privée. C’est une bonne approche, car les murs ont des oreilles. La reconnaissance professionnelle est un privilège, et il faut s’en montrer digne en tout temps, rappelle Mme Commisso.

«Nous travaillons dans le domaine public, et c’est un rôle que nous avons choisi, affirme-t-elle. Il faut réfléchir avant d’agir, à l’école comme à la maison. Les membres de la profession doivent donner l’exemple.»

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