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L’enseignant des enseignants, Joe Atkinson, prend sa retraite

07 février 2003

Registrateur, enseignant, époux, père, bénévole, militant communautaire, formateur d’enseignants et porte-parole hors pair, Joe Atkinson s’est donné tout entier à chacune de ces fonctions.

À la fin de mars, après six ans à l’Ordre, dont les deux derniers comme registrateur et chef de la direction, il prendra sa retraite. Une maladie cardiaque met brusquement fin à une carrière marquée par le don complet de soi.

Qualifiant sa décision de «la plus difficile de sa vie professionnelle», il a annoncé son départ prochain après un séjour surprise à l’hôpital, l’été dernier, où il a appris qu’il a un virus au cœur. Dès qu’il a pu, à l’automne, il est retourné travailler. Si sa capacité de concentration restait intacte, l’endurance ne suivait plus. Sachant ne plus pouvoir répondre à ses propres attentes, il a refusé de ne pas être à la hauteur de celles des autres. Élevées, ces normes personnelles et professionnelles sont aujourd’hui synonymes du nom Atkinson.

En 1997, Margaret Wilson, alors première registrateure de l’Ordre, l’avait trié sur le volet. Sa réputation de promoteur de programmes de perfectionnement professionnel des enseignants était à la mesure de la province. Fort d’une longue expérience des conseils scolaires et des fédérations, il était considéré comme l’homme de la situation, celui qu’il fallait pour élaborer les normes d’exercice, de déontologie et un cadre de formation. Il excellait dans ces tâches et était toujours sur la route pour expliquer le but de l’Ordre. La consultation était sa spécialité et la touche personnelle, sa marque de commerce.

L’enseignant des enseignants

Patti Haskell, une amie et ancienne directrice de l’éducation du Conseil scolaire de district de Waterloo, a dit de lui ceci : «Joe a toujours été un enseignant des enseignants. Il a apporté sa contribution à nombre d’organismes provinciaux dont la Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles publiques de l’Ontario (OPSTF), la FEO, l’École des langues et du leadership des Forces canadiennes et l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario. Il était partout. On sentait constamment sa présence.»

En 1966, à la fin de sa formation à l’enseignement au Lakeshore Teachers’ College, où il a siégé comme président du conseil étudiant, il s’est vu décerner le Prince of Wales Prize pour avoir été premier de sa promotion. La même année, il a commencé à enseigner au Conseil de l’éducation de Toronto, tout en terminant son baccalauréat à l’Université York. Il a fait sa maîtrise en éducation à l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario de l’Université de Toronto.

Il a d’abord enseigné aux cycles moyen et intermédiaire en milieu urbain défavorisé, puis a enseigné l’éducation au plein air, les programmes de douance, l’éducation aux adultes. Il a également fait partie de la direction des programmes et du curriculum du conseil scolaire.

En 1974, il s’est joint au personnel professionnel de l’OPSTF. En 1991, il est nommé premier directeur des services de perfectionnement professionnel de la fédération. Sous sa conduite, la fédération a acquis une réputation internationale d’excellence dans l’élaboration et la prestation de programmes de perfectionnement professionnel de qualité.

Un engagement sans pareil

Pour certains, c'est ici qu’il a établi les bases de son héritage en matière de professionnalisation de l’enseignement en Ontario. Selon Haskell, son attachement au perfectionnement professionnel et au leadership est sans égal. Marg Couture, qui lui a succédé à la tête des services de perfectionnement professionnel de la fédération, en convient.

«Voilà 26 ans, il a mis en place bon nombre des cours ouvrant droit à des crédits permettant au personnel enseignant de gravir l’échelle salariale, affirme Mme Couture. C'était là faire preuve d’une grande perspicacité. Son engagement dans ce secteur reste unique. Son action découle de ses convictions. S’il s’est associé à l’Ordre, c'est parce qu’il croit en la responsabilité. Il est admiré et respecté au Canada et à l’étranger.»

De l’avis de Noel Clark, ancien sous-secrétaire de l’OPSTF, «Atkinson a consacré d’innombrables heures à créer des cours donnant droit aux enseignants à des crédits universitaires et assortis de méthodes et de matériel, variés et de bonne qualité, applicables immédiatement au travail en classe. En fait, il a aidé à former toute une génération d’enseignants.

Il est sans contredit le favori de ses collègues et de son personnel, a poursuivi Clark. Il croit non seulement au mandat de l’Ordre mais aussi à son personnel.»

Doug Wilson, registrateur adjoint, partage son avis. «En traitant les membres du personnel comme les membres de sa famille, il a énormément contribué à gagner le respect que lui vouent les gens en tant qu’éducateur et chef de file, explique Wilson.

«Je n’ai jamais rencontré une personne que respecte et admire davantage son personnel. À son accession au poste de registrateur, Joe s’est rendu compte de l’ampleur de la responsabilité associée au maintien des normes de leadership élevées établies par Margaret Wilson. Et il s’en est tiré avec panache. Il a assumé ses fonctions de coordonnateur, de registrateur adjoint et de registrateur avec beaucoup de dynamisme et une grande vision. Nous avons appris à compter sur sa force, sa sagesse, ses conseils, son honnêteté et son intégrité.»

Jack Martin, ancien membre du secrétariat de la FEESO et architecte de l’Ontario Principals’ Council, dit qu’Atkinson est consciencieux, crédible et courageux. Il cherche sans arrêt ce qui est mieux pour la profession enseignante, a toujours à cœur de faire ce qui doit être fait, et est toujours irréprochable dans les situations difficiles.

«Dans le cadre du Programme de perfectionnement professionnel, il a défendu une cause difficile, continue Martin. Il a admis que le programme devait être modifié ou ne marcherait pas et qu’il lui appartenait de trouver un terrain d’entente entre ce que voulait le gouvernement et ce qui fonctionnerait.»

En 1992, la FEO lui a attribué un prix en reconnaissance de son apport aux programmes de perfectionnement professionnel des éducateurs de l’Ontario, du Canada et des États-Unis.

En 1997, il a mis son expérience au service de l’Ordre comme coordonnateur des Questions professionnelles. En juin 1999, il est devenu registrateur adjoint et, en novembre 2000, registrateur.

«Je n’ai pas accepté le poste pour son défi, précise-t-il, mais parce que, à mes yeux, il constituait l’étape logique de mon cheminement et une étape normale dans la progression de la profession; et je voulais en faire partie. J'en suis encore persuadé.»

Trois promesses

En tant que registrateur de l’Ordre, Atkinson s’est fait une réputation pour les trois promesses qu’il a composée au nom de la profession enseignante. «Nous avons promis au public que lorsqu’ils envoient leurs enfants dans nos écoles, ils seront confiés à des enseignants, des directeurs d’école et des agents de supervision qualifiés et certifiés. Nous leur avons promis que ces personnes seront compétentes, et nous leur avons dit qu’en nous confiant leurs enfants, ils avaient l’assurance qu’ils seront en sécurité entre nos mains».

C'est le travail accompli par l’Ordre pour tenir ces promesses qui lui permet de prendre sa retraite satisfait.

Ainsi, il affirme que les Normes d’exercice de la profession enseignante, mises en place pendant son mandat et en accord avec ses propres normes de consultation, sont devenues le «credo» de la profession.

«Ce sont nos croyances, nos principes, les fondements de notre existence, précise Joe Atkinson. Tout ce qui se fait maintenant dans les facultés d’éducation reposent sur ces normes. Le travail des diplômés en découle. Nous qui enseignons depuis quelque années déjà tentons d’orienter notre travail en fonction de ces normes.»

Des normes dynamiques

«Si j'éprouve une quelconque satisfaction, c'est parce que tout ce qui se passera désormais en éducation en Ontario portera leur marque. Elles sont dynamiques et elles changeront. Mais, principalement, elles doivent refléter et orienter la vision de notre société».

Les normes de déontologie, ajoute-t-il, se sont ajoutées aux normes d’exercice parce qu’elles établissent les règles d’éthique qui régissent la profession. «Elles témoignent de la dimension morale de notre profession.

«Le cadre de formation précise pour la première fois comment garder nos connaissances actuelles et pertinentes, ce qui définit notre travail de base et comment revoir notre façon de travailler en vue de l’améliorer, souligne le registrateur. Que vous soyez directeur de l’éducation ou enseignant suppléant, il vous incombe dorénavant de vous assurer que votre façon d’enseigner est actuelle et pertinente. Ce cadre reconnaît et valorise le perfectionnement professionnel.»

Atkinson se définit comme «un apprenant du berceau à la tombe». «De la naissance à la mort, on apprend sans arrêt quelque chose, y réfléchit et l’incorpore à sa prestation. On modifie, consolide et élimine en fonction de l’information recueillie, des recherches faites, de l’expérience acquise et de sa propre maturité»,
souligne-t-il.

Un droit acquis à la naissance

D’après lui, il a acquis le droit d’enseigner dès sa naissance. Sa mère était enseignante. Sa femme Judy, nouvellement retraitée, était directrice d’école. Deux de leurs trois enfants sont en enseignement. «Pour nous, lance-t-il, c'est une affaire de famille.»

Depuis sa nomination au poste de registrateur, l’une de ses priorités est de s’adresser aux nouveaux diplômés des facultés d’éducation de l’Ontario pour leur «parler de la profession et des raisons pour lesquelles l’Ordre représente son avenir». Il veut qu’ils aient le sentiment d’avoir pris la bonne décision.

Enseignant, il aimait travailler avec les enfants différents. Ceux qu’on appelle les marginaux. Ceux que les autres auraient sans doute exclus. Ceux qui, dit-il, «si on les abandonnait, auraient été preneurs au lieu de donneurs». Un jour, dans un centre commercial, un de ces garçons, aujourd’hui adulte, a arrêté Atkinson pour lui dire qu’il n’a jamais oublié comment sous son influence sa vie avait changé. Puis, il lui a présenté son fils, Joe.

Joe Atkinson pense que quelqu’un quelque part a aidé les enfants qu’il n’a pu aider. Peut-être seulement peut-être, un autre enseignant de l’école a su capter l’attention de ces enfants.

«J'ai toujours été fier de dire à une réunion de famille ou à un cocktail que je suis enseignant. Et même si je suis le registrateur de l’Ordre, je me considère encore comme un enseignant qui inculque les valeurs de la société dans laquelle nous vivons.»

Avec son penchant pour la plaisanterie et le laconisme, il aurait également pu être un monologuiste comique, commentent des amis.

Raymond Lemley, écrivain et ancien directeur de l’éducation de la National Association of Secondary School Principals, aux États-Unis, connaît Atkinson depuis 25 ans. À la fête du 60e anniversaire de naissance de Lemley, Atkinson avait volé la vedette et ne la rendait pas. «Dès qu’on lui passe un microphone, il faut presque le traverser avec une fourche pour le calmer, assure Lemley qui ajoute, comme à d’autres occasions du genre, la fête était devenue celle de Joe. La seule chose qu’il avait omis de faire était ouvrir mes cadeaux.»

Le bénévolat : une vocation

Il a recours à cette même passion, cette même vitalité et ce même sens de l’engagement pour améliorer la vie de sa communauté.

Il a été président de Centraide de Ajax-Pickering, président du conseil d’administration du Ajax and Pickering General Hospital et membre fondateur du conseil hospitalier de la région de Durham. Élu au conseil de la ville d’Ajax en 1985, il y a siégé plus de huit ans à divers titres, notamment comme conseiller local, conseiller régional de Durham et adjoint au maire. Il a été membre du conseil d’administration de la Central Lake Ontario Conservation Authority, vice- président de Ajax Hydro Electric Commission et membre du Rogers Cablesystems Advisory Board. Pour sa remarquable contribution au service de sa communauté, il a été nommé citoyen de l’année 1995 et récipiendaire du Ajax Civic Award.

Bruce Cliff, ancien président et directeur général du Ajax-Pickering General Hospital, l’appelle un gars formidable, progressiste, attaché à sa communauté. Les deux ont travaillé ensemble - Joe à la tête du conseil hospitalier, entre 1993 et 1995 - pour faire des pressions en vue de faire agrandir l’hôpital pour qu’il réponde aux besoins d’une communauté en pleine croissance. L’un des moments les plus agréables vécus par Cliff était l’inauguration d’une nouvelle aile de l’hôpital, présidée par Atkinson. «C'est l’un des meilleurs membres de conseil avec lequel j'ai collaboré», a confié Cliff.

Selon lui, c'est parce que Atkinson a su rassembler derrière lui le conseil et le personnel hospitalier et médical qu’ils ont gagné du temps lors des négociations avec le gouvernement. «Joe est un politicien astucieux qui fixe des objectifs et motive les gens à les atteindre.»

Cliff, exprime son admiration pour lui en ces termes: «c'un père de famille solide et un homme de parole aux convictions et à l’éthique bien ancrées.

«C'est un surhomme, déclare Cliff. Il a un grand sens de l’humour, est très positif et très juste. Il comprend le point de vue de l’autre dans un débat. Je ne pense pas avoir jamais rencontré quelqu’un qui aime davantage sa communauté».

Fierté et frustration

Le registrateur déclare que sa plus grande source de fierté est la façon dont l’Ordre a rempli son mandat, soit l’agrément des programmes de formation initiale et de perfectionnement professionnel et la diffusion de la première recommandation officielle de l’Ordre qui conseille les membres sur les limites à observer avec les élèves et leur responsabilité envers la sécurité des élèves.

Il soutient, par contre, que sa plus grande frustration vient de «l’incapacité de la profession à accepter les changements de façon constructive, originale et positive», et il en donne pour exemples les salles de classe à années multiples, les recommandations du rapport Hall-Dennis, les modifications apportées au curriculum et la création de l’Ordre elle-même.

«Notre système d’éducation reste conçu pour une société agraire, affirme-t-il . L’été, on libère les enfants pour le travail au champ. Or, les champs se raréfient. De nos jours, il faudrait penser à d’autres possibilités, comme l’école à longueur d’année. C'est une façon de faire plus efficace, moins chère et nettement meilleure sur le plan de l’apprentissage.»

La notion selon laquelle tout le monde peut enseigner l’irrite.

«C'est faux! insiste-t-il. Quiconque va à l’école en tant qu’élève, parent, grand-père, grand-mère, tante ou oncle, connaît une meilleure façon de faire, après tout on est tous passés par-là. Eh bien, non! Pour être bon enseignant, bonne directrice d’école ou bon surintendant, il ne suffit pas d’avoir été soi-même sur les bancs de l’école.»

Que pense-t-il de l’opposition avec laquelle l’Ordre doit composer au sein même de la profession? «C'est en grande partie de la propagande organisée», réplique-t-il.

«Lorsqu’on parle séparément aux enseignants, ils disent vouloir être reconnus comme membres de la profession. Quand moi j'ai commencé à enseigner, c'était un emploi. Mais, quand mes enfants commencent à enseigner, ils entrent dans une profession. C'est là où se situe la différence. Pourquoi? Parce que nous disposons maintenant d’un mécanisme d’autoréglementation. Nous sommes responsables de nos actes.»

Interrogé sur ce qu’il aimerait voir l’Ordre réaliser, sa réponse est ferme et classique : remplir son mandat et tenir ses trois promesses.

«Nous nous rapprochons de mon vœu : que l’Ordre garantisse au public que chaque salle de classe est dotée d’un enseignant certifié, qualifié, compétent et que les élèves confiés à cette personne sont en sécurité. Je tiens à ce que l’organisme soit respecté pour cela. Je suis persuadé qu’avec le temps, tous nos membres y croiront.»

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