testing.jpg (19074 bytes) Évaluation du personnel enseignant :
ce qui attend l’Ordre

Dans ce numéro de Pour parler profession, soit le dernier de leur mandat, la présidente Donna Marie Kennedy et la registrateure Margaret Wilson discutent de qui se passe avec l’évaluation du personnel enseignant et de ce qui devrait attendre l’Ordre au cours des prochains mois.

PPP  : Ce qui préoccupe le plus le corps enseignant actuellement, c’est probablement le programme d’évaluation du gouvernement. La ministre de l’Éducation Janet Ecker a indiqué que les enseignantes et enseignants devront être certifiés tous les cinq ans, que les personnes faisant une demande d’inscription à l’Ordre devront passer un examen et que des normes provinciales seront établies pour les évaluations de rendement du personnel enseignant. L’Ordre mettra-t-il ces programmes en œuvre cet automne?

DMK  : Non. L’Ordre attend des précisions de la ministre de l’Éducation et il est fort peu probable qu’elle précise ses propos avant la fin de l’automne. Nous avons eu des discussions avec le personnel du Ministère sur certaines recommandations de l’Ordre à cet égard, mais nous disposons de très peu d’information concrète du Ministère en ce qui a trait aux intentions du gouvernement.

MW  : Le Ministère, il va de soi, connaît bien l’article 40 de la Loi sur l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario, qui confère à l’Ordre la responsabilité des règlements qui établissent des conditions et des limites à une carte de compétence, y compris les exigences liées aux normes, aux qualifications, aux examens et à l’expérience. Nous croyons que le Ministère respectera notre mandat.

Je rencontre sur une base régulière le personnel cadre de l’Ordre pour m’assurer que nous avons les ressources en place pour mettre en œuvre ces initiatives dès que nous connaîtrons la réponse de la ministre à nos recommandations.

Pour ce qui est de l’évaluation du corps enseignant, nos responsabilités sont clairement définies. Le gouvernement élabore une politique – comme il l’a fait avec l’évaluation des enseignants – et demande notre avis – ce que nous lui avons donné. Or, jusqu’à maintenant, nous n’avons pas participé à l’élaboration de la politique finale.

PPP : Que signifie la mise en œuvre de ces politiques pour l’Ordre?

MW  : Précisons d’abord que l’Ordre a amorcé le travail dans certains de ces domaines depuis sa création en 1997. Il ne s’agit pas d’une nouvelle orientation pour nous. Nous avons commencé par élaborer les Normes d’exercice de la profession enseignante en 1998 et nous avons maintenant un produit fini qui est utilisé de plus en plus par la profession. Le conseil a récemment donné son aval au Code de déontologie de la profession enseignante et nous sommes en voie de mettre en place un cadre de formation. Nous espérons soumettre ces initiatives au conseil en octobre pour obtenir un accord de principe.

DMK  : La situation est semblable pour la compétence linguistique. Nous avons recommandé au ministère de l’Éducation, en juin 1999, qu’un test de compétence linguistique soit mis sur pied. Nous avons demandé que les personnes qui veulent s’inscrire à l’Ordre et qui ont suivi leur formation dans une langue autre que le français ou l’anglais soient tenues de démontrer leur compétence linguistique dans une de ces deux langues avant d’être certifiées en Ontario.

Malheureusement, la ministre a éliminé du règlement son essence même en annonçant qu’une personne qui suit sa formation à l’enseignement en français ou en anglais ne sera pas tenue de démontrer sa compétence linguistique. Nous croyons fermement qu’une formation de huit mois en enseignement n’est pas suffisante pour nous assurer qu’une enseignante ou qu’un enseignant a acquis les compétences linguistiques pour enseigner dans une école en Ontario. L’Ordre a indiqué son désaccord sans équivoque, mais a été informé par le Ministère que la politique serait mise en œuvre comme le gouvernement l’entend.

MW  : La compétence linguistique met en lumière un problème pour l’Ordre, notamment le laps de temps entre le moment où la ministre nous informe d’une politique et la date à laquelle elle devrait entrer en vigueur. Nous nous préparons autant que nous le pouvons, mais il faut du temps pour intégrer ces politiques aux opérations. Si le Ministère avait accepté notre recommandation sur la compétence linguistique en juin 1999, par exemple, nous aurions pu la mettre en œuvre en janvier 2000. Quand une demande est présentée à l’Ordre pour mettre une politique en œuvre, il ne s’agit que d’une première étape. Nous devons établir le processus, y compris l’élaboration de lignes directrices, déterminer les fournisseurs possibles, modifier notre tableau des membres et former le personnel en conséquence. La quantité de travail est énorme et exige des mois.

PPP  : Comment la recertification fonctionnera-t-elle une fois en place?

MW  : L’Ordre a étudié la question de la formation permanente, mais ignore comment elle sera liée à l’évaluation. D’ici à ce que nous recevions davantage de renseignements, tout n’est que spéculation.

PPP  : Selon un sondage récent du Groupe Angus Reid, huit Ontariens sur dix croient que les enseignantes et enseignants devraient être évalués de façon obligatoire. Cela ne suggère-t-il pas que le public souhaite une position plus ferme en ce qui a trait à l’évaluation du corps enseignant?

DMK  : Ce que cela suggère, c’est que le public est d’accord avec l’Ordre pour dire que la profession enseignante devrait être responsable de la qualité de l’enseignement en Ontario. La recherche – que nous avons présentée à la ministre en avril dans notre rapport Maintenir, assurer et démontrer la compétence de la profession enseignante – a démontré qu’il n’existe aucun test écrit qui mesure de façon précise et exhaustive les connaissances et compétences nécessaires pour une enseignante ou un enseignant d’expérience. En fait, nous avons constaté que de nombreux territoires de compétences suivent la même voie que l’Ordre, soit essayer de mettre en œuvre un système qui établit des normes élevées pour le corps enseignant, qui favorise la formation tout au long de la carrière et qui évalue les résultats en fonction des attentes.