Une réaction anormale à des choses normales

Les enseignantes et enseignants doivent savoir que certaines allergies peuvent tuer. De plus en plus d’enfants sont à risque et un enseignant bien préparé peut faire toute la différence.

de Wendy Harris

Brenda et Dan Hobbs savaient depuis le début qu’il y avait quelque chose d’inhabituel chez leur fils David. Quand il était bébé, il avait de violentes réactions au lait de sa mère, tout dépendant de ce qu’elle avait mangé la journée précédente. Quand elle allaitait, la peau de David prenait parfois des teintes diverses ou se couvrait de taches rouges.

Ce ne fut donc pas vraiment une surprise quand un allergiste leur confirma que David était extrêmement allergique et que, comme bien d’autres enfants atteints d’allergies graves, David avait de l’asthme, une allergie particulière aux œufs et qu’il pouvait être grandement allergique aux arachides.

Cette dernière possibilité a été confirmée peu après que David eut reçu un biscuit d’un commis d’une pâtisserie. Une seule bouchée a suffi pour qu’il se mette à s’étouffer et à baver. Dan s’est précipité à l’urgence où, au moment où les symptômes de l’enfant diminuaient peu à peu, les médecins ont corroboré la plus grande crainte des parents : David avait eu une réaction anaphylactique au beurre d’arachides présent dans le biscuit qu’il avait mangé.

L’anaphylaxie, parfois appelée choc anaphylactique, est une réaction allergique grave qui, si elle demeure non traitée, peut entraîner une mort rapide. Comme cela est le cas pour des réactions allergiques moins graves, elle survient quand le système immunitaire répond à une substance inoffensive comme s’il s’agissait de dangereux envahisseurs. Oubliez le nez qui coule ou l’éruption cutanée. Une personne qui a un choc anaphylactique répond par une réaction extrême qui peut s’amorcer par des démangeaisons, de l’urticaire, des vomissements, de la diarrhée et des enflures. En quelques instants, la gorge se ferme empêchant ainsi de respirer et entraînant l’évanouissement puis la mort.

CHOC ALLERGIQUE

Les allergies alimentaires sont plus susceptibles d’être mortelles chez une personne qui souffre d’asthme ou qui ne peut se procurer d’épinéphrine assez vite. L’épinéphrine, aussi connue sous le nom d’adrénaline, est une hormone produite naturellement par l’organisme en réponse au stress et constitue le seul médicament capable de faire cesser les symptômes anaphylactiques. Ses effets se concentrent sur les systèmes cardiovasculaires et respiratoires pour resserrer les vaisseaux sanguins et détendre les muscles de la poitrine, favorisant ainsi la respiration.

Bien que les arachides soient la cause principale de l’anaphylaxie alimentaire, il existe de nombreux autres aliments qui pourraient s’avérer menaçants. Noix, lait, œufs, blé, fruits de mer, soja et sésame peuvent tous être dangereux. En plus des aliments, d’autres éléments courants sont susceptibles de causer des réactions allergiques, notamment les médicaments, les piqûres d’insectes, le latex, les suppléments hormonaux et même l’exercice.

Son état étant confirmé, Dan et Brenda ont entrepris d’organiser la vie de David pour qu’il évite tout contact avec les arachides ou tous produits de l’arachide. Cela signifiait vérifier l’étiquette de chaque aliment qui entrait dans la maison, avertir les amis et la famille, éliminer de nombreux restaurants et pâtisseries, vérifier les bonbons d’Halloween et surveiller David sans arrêt jusqu’à ce qu’il soit assez âgé pour commencer à assumer une part de cette responsabilité lui-même.

Quand il était très jeune, David a appris à ne jamais accepter d’aliments de quiconque sans l’accord de ses parents. Ceux-ci ont soigneusement décrit l’allergie de David aux parents de ses camarades en leur expliquant que même la moindre petite parcelle de beurre d’arachides ou d’un produit contenant des arachides pouvait déclencher une réaction. Ils ont même changé de garderie, car ils n’étaient pas convaincus que les autres parents croyaient au sérieux des risques de l’allergie de David.

EPIPEN

Par-dessus tout, ils gardaient un EpiPen dans la pharmacie à la maison et ont acheté à David un sac-ceinture dans lequel il en portait un autre. L’EpiPen renferme une dose pré-mesurée d’épinéphrine qui doit être injectée immédia-tement à la première indication d’anaphylaxie. Étant donné qu’habituellement l’injection se fait directement dans le muscle de la cuisse, il est possible d’enseigner aux enfants de 6 ou 7 ans comment administrer le médicament eux-mêmes. Toutefois, en cas d’urgence, il se peut qu’un enfant n’ait pas la présence d’esprit de prendre cette décision.wpe44.jpg (6271 bytes)

Les enfants asthmatiques atteints d’anaphylaxie sont parfois traités par des inhalateurs ou des médicaments antihistaminiques. Bien que ces médicaments soient utiles temporairement, ils ne sauraient remplacer l’épinéphrine. Même si tous les symptômes semblent avoir disparu après une injection d’épinéphrine, il faut continuer à surveiller l’enfant pendant au moins quatre heures et de préférence, jusqu’à 24 heures.

À la nouvelle garderie de David, tout le monde était au courant de ses allergies. Ce n’est qu’après avoir déménagé dans une école de l’ouest de la ville en 1re année que ses parents ont dû soulever la question. Là, le directeur avait déjà eu des élèves ayant de graves allergies et avait aménagé un espace spécial à proximité de la cafétéria principale pour que David et quelques autres enfants dans sa situation puissent manger. Il avait donné sa parole aux parents de David que l’école ferait tout pour ne pas mettre David en danger.

L’assurance donnée par le directeur n’a pu empêcher David de se faire taquiner par des camarades de classe moins diplomatiques. Dan se rappelle les jours où David revenait de l’école en colère parce que ses amis le narguaient avec des sandwichs au beurre d’arachides vrais ou imaginaires. «Nous devions nous assurer que son enseignante comprenait bien la situation et qu’elle reconnaissait qu’il s’agissait du pire type d’intimidation parce que, en fait, on le menaçait de mort.»

PROBLÈME CROISSANT

Le cas de David n’est pas unique. D’après le Dr Peter Vadas, chef du département d’allergies et d’immunologie clinique à l’hôpital St. Michael de Toronto, la prévalence des allergies, y compris des allergies mortelles comme celle de David, a doublé au cours des dix dernières années. Et cette escalade ne fait que se poursuivre.

Pour le Dr Vadas, le fait que l’incidence des allergies connaisse une hausse si marquée dans les pays occidentaux développés ne tient pas du hasard. Il affirme y avoir une preuve étayée qui montre que notre société devient de plus en plus centrée sur la propreté et que le système immunitaire humain est passé de la lutte aux infections virales et bactériennes à une attaque des aliments habituellement inoffensifs.

En outre, dit le Dr Vadas, il est généralement reconnu que l’exposition hâtive d’un enfant à des allergènes possibles puisse déclencher de futures allergies. Ainsi, de plus en plus d’enfants sont exposés à la très répandue arachide en très bas âge. L’arachide et ses sous-produits sont partout – aliments, produits cosmétiques et pharmaceutiques – et les gousses d’arachides servent même de rembourrage dans des fauteuils.

Voilà environ dix ans, la hausse soudaine du nombre d’enfants hautement allergiques qui faisaient leur entrée dans le système scolaire a pris de nombreux éducateurs par surprise. À cette époque, peu de conseils avaient une politique en place qui visaient précisément les enfants anaphylactiques ou les enfants qui avaient des allergies moins mortelles.

Susan Yip, ancienne présidente de l’Anaphylaxis Network of Canada, se rappelle que l’année où son fils, maintenant âgé de 17 ans, est entré à la maternelle, il était le seul enfant anaphylactique de son école qui comptait 600 élèves. Elle a parlé à son enseignante – qui n’avait jamais entendu parler d’allergies mortelles – ainsi qu’à la directrice et au plus grand nombre possible de parents pour les sensibiliser à cette situation et faire en sorte l’environnement quotidien de son fils ne le tue pas.

POUR TOUJOURS

«Au début, les gens croyaient que je parlais d’un petit malaise temporaire, dit-elle. Ils ne réalisaient pas que ces allergies étaient mortelles. Elle sont mortelles et elles ne s’atténuent pas; on est allergique pour la vie.»

Depuis les dix dernières années, ce climat d’ignorance s’est estompé. La population a été sensibilisée, malheureusement, par plusieurs tragédies. Entre 1986 et 1991, le Bureau des coroners de l’Ontario a signalé le décès de sept écoliers à la suite de réactions allergiques aux arachides, aux noix et aux graines de sésame. Nous n’avons pas de chiffres plus récents sur les décès par choc anaphylactique, mais l’Ontario est en voie de créer un registre à cette fin.

En 1994, lors d’un voyage dans le Parc Algonquin, un élève est mort parce que des quantités négligeables de beurre d’arachides avaient été transférées dans un pot de confiture. Cet été-là, un enfant qui fréquentait un terrain de jeux à Montréal est décédé après avoir mangé un sandwich au fromage qui était dans un sac avec un sandwich au beurre d’arachides. La quantité de beurre d’arachides qui a tué ces enfants peut se mesurer sur une tête d’épingle. Certains enfants sont si sensibles que même l’odeur du beurre d’arachides peut causer des problèmes.

Santé Canada a reconnu l’ampleur croissante de ce problème et a publié en 1996, en français et en anglais, un document intitulé Anaphylaxie : Manuel à l’intention des conseils scolaires. Ce manuel a été envoyé à chaque conseil scolaire au Canada et à de nombreux autres au Canada; il a servi de fondements à de nombreuses politiques et procédures maintenant en place.

Le manuel sur l’anaphylaxie décrit en détail ce qu’un conseil scolaire ou une école peut faire pour protéger ses élèves. Il suggère que chaque école élabore une politique dans trois champs généraux :

  • communiquer avec les parents, le personnel enseignant et les élèves pour les sensibiliser à la question, leur dire qui sont les enfants anaphylactiques, leur expliquer comment prévenir l’exposition et comment utiliser l’EpiPen en cas d’urgence;
  • éviter les principaux allergènes – les arachides, surtout – tout en tentant d’atteindre un équilibre entre le droit d’un élève de manger ce qu’il veut et le droit de l’enfant allergique à un environnement scolaire sécuritaire;
  • élaborer des procédures d’urgence fondées sur des protocoles de traitement prescrits par le médecin de l’enfant en cas d’exposition accidentelle – habituellement, une injection immédiate d’épinéphrine, un voyage rapide à l’hôpital et une autre injection d’épinéphrine aux 10 à 15 minutes si les difficultés respiratoires persistent.

RÉPONSES DIFFÉRENTES

Depuis la publication du manuel, écoles et conseils scolaires ont répondu différemment aux situations, tout dépendant des besoins de leurs élèves.

Diana Rawsthorn est directrice de l’école Earl Kitchener qui compte 390 élèves, dont quatre ont des allergies graves aux arachides. La protection de ces enfants, dit-elle, est la responsabilité de tout le personnel enseignant, des parents et des élèves. Bien que Rawsthorn affirme que l'on ne pourra jamais déclarer son école «sans arachide ni noix», elle a demandé que les parents n’envoient pas de sandwichs au beurre d’arachides pour protéger ses élèves allergiques.

«Nous essayons de sensibiliser la communauté et d’obtenir son appui. Néanmoins, les enfants sont les mieux placés pour assurer la surveillance. Ils savent ce qui est dangereux. Ils viennent me voir et disent "Ma mère m’a donné un sandwich au beurre d’arachides. Qu’est-ce que je peux faire?"»

Justine Elliott est mère de trois enfants non allergiques. Elle dit que la communication avec le personnel d’Earl Kitchener est la raison pour laquelle elle a accepté de ne pas envoyer de sandwichs au beurre d’arachides à l’école. Maintenant qu’elle sait à quel point une allergie aux arachides peut être mortelle, elle n’y penserait même pas. «Les personnes réticentes à se plier à cette demande ne sont tout simplement pas au courant de la réalité.»

PROGRAMME COMPLET

À Barrie, Lou Brandes, directeur de l’école Ferndale Woods, une école de la maternelle à la 8e année comptant 900 élèves, est allé un peu plus loin afin de protéger les huit élèves de l’école allergiques aux arachides. Au début de l’automne, depuis les quatre dernières années, M. Brandes envoie à la maison une note demandant aux parents de ne pas envoyer d’aliments contenant des produits de l’arachide à l’école. En outre, il convoque une assemblée et organise un programme de sensibilisation pour que les enfants participent à diverses activités sur la question.

«Au début, on opposait beaucoup de résistance (à ne pas envoyer de sandwichs au beurre d’arachides et à la confiture à l’école). C’est là que nous avons décidé de sensibiliser les jeunes. Nous n’avons reçu des plaintes que la première année. Les enfants sont assurément nos meilleurs ambassadeurs sur cette question. Nous appelons cela réduire le risque tout en comprenant bien qu’il nous soit impossible de garantir un environnement sans arachide.»

D’après Suzanne Stiegelbauer, coordonnatrice du programme de formation initiale à l’enseignement à l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario de l’Université de Toronto, la faculté n’offre pas une formation précise sur les enfants ayant des allergies, mais cette question devrait être abordée pendant le stage.

«C’est le genre de chose que l’on apprend par l’expérience, dit Stiegelbauer. Comme toujours, il faut être au courant des questions liées à la profession et savoir ce qu’est un environnement sécuritaire. En enseignement, une personne est placée dans toute sorte de situations, y compris avec des enfants allergiques. Elle doit savoir quoi faire.»

L’élément essentiel de la prévention de l’anaphylaxie est d’éviter la substance dangereuse. Comme pendant aux interdictions alimentaires, qui peuvent provoquer des divisions dans la communauté scolaire de même que créer un faux sentiment de sécurité, les parents devraient être informés des dangers mortels possibles de certaines allergies en milieu scolaire.

Les enfants devraient apprendre à ne jamais partager leur nourriture ni ses contenants. Les enfants allergiques devraient manger, si possible, dans un espace éloigné pour minimiser le risque de contact et ne manger que des aliments qui proviennent de la maison. Les aliments pour les fêtes spéciales, comme l’Halloween, Noël ou un anniversaire, doivent faire l’objet d’une surveillance minutieuse ou, si nécessaire, être évités par l’enfant allergique.

SE LAVER LES MAINS

Il faut inciter les enfants à se laver les mains fréquemment. Les élèves et le personnel qui ont mangé du beurre d’arachides et qui ne se sont pas lavé les mains peuvent laisser des traces sur les poignées et les sièges d’autobus, les bureaux et les chaises, les jouets, les ballons, les cordes à danser, les marqueurs et les crayons, ainsi que sur les touches d’un ordinateur.

Bien qu’il soit possible pour une école et son personnel enseignant de planifier, de prendre des mesures et d’espérer pour le mieux, ils doivent être prêts au pire en tout temps. Tous les enseignants et enseignantes devraient savoir quels enfants sont à risque et être formés pour administrer l’épinéphrine. Une fiche sur laquelle paraissent le nom de l’enfant, sa photo, ses allergies spécifiques, les symptômes précoces et les traitements médicaux précis peut être affichée – avec la permission des parents et de l’enfant – ou facilement accessible.

D’après le manuel, il n’existe pas de contre-indications à l’utilisation de l’épinéphrine dans le cas d’une réaction allergique mortelle. En d’autres termes, si vous soupçonnez qu’un enfant a une réaction anaphylactique, et que l’épinéphrine a été prescrite dans le protocole de traitement, il ne faut pas hésiter à administrer le médicament.

RESPONSABILITÉ LÉGALE

En outre, d’après Cynthia Peterson, qui a mené une recherche sur le contexte légal pour la Fédération des enseignantes-enseignants d’écoles publiques de l’Ontario en 1996, les enseignantes et enseignants ont la responsabilité légale d’assurer les soins et la surveillance auxquels l’on est raisonnablement en droit de s’attendre de la part d’un parent prudent. Ce devoir légal s’étend à la protection de l’enfant à une exposition à des allergènes, mais aussi à l’administration de médicaments d’urgence en situation de crise.

Ce degré de soins et de supervision va de soi pour les jeunes enfants. Mais une fois qu’un enfant atteint la puberté et qu’il cherche à prendre des risques voire à se rebeller, un enfant prudent peut se transformer en un adolescent qui flirte avec des aliments dangereux.

Vivien Goss enseigne la géographie à l’école secondaire Langstaff à Richmond Hill et a un fils anaphylactique de neuf ans. Elle se dit inquiète du chemin que son fils prendra à l’adolescence mais aussi des autres élèves auxquels elle enseigne chaque jour.

Goss dit que la politique vise nécessairement les enfants de l’élémentaire. Au secondaire, où les enfants et leurs pairs ne se connaissent pas nécessairement depuis toujours, cette même politique devient plus vague et doit être réorientée pour s’appliquer aux adolescents.

Quand un enfant vulnérable arrive au secondaire, ses parents devrait informer l’école qu’il a une allergie mortelle. Cet élève devrait aussi considérer le port d’un bracelet MedicAlert qui identifie les allergies et leurs symptômes.

Par-dessus tout, et en tout temps, l’élève devrait garder à portée de la main un EpiPen et l’enseignant devrait savoir où il se trouve.

DE NOMBREUX DÉCLENCHEURS

Bien entendu, toutes les allergies ne sont pas mortelles. Les allergies sont, après tout, une réaction anormale à des substances ordinaires. Ces substances dans une classe peuvent varier –marqueurs odorants, autocollants, moisissure, tapis, poussière de craie, animaux, vapeurs de peinture, poussière, pollen, parfum et divers aliments. Parmi les réactions non mortelles, on note le reniflement, la toux, les yeux gonflés, l’éruption cutanée ou l’eczéma, la démangeaison, l’irritabilité, le mal de tête, un comportement dérangeant, des crampes abdominales et le vomissement.

Des médecins ont suggéré que des antihistaminiques servant à traiter des allergies bénignes peuvent avoir un effet indésirable sur la capacité de l’enfant à apprendre ou sur son comportement en raison des effets du médicament sur le système nerveux central. Les effets de la théophylline, un médicament contre l’asthme, ont été liés à de l’inattention, de l’hyperactivité, de l’irritabilité, de la somnolence et un comportement de retrait, et peuvent contribuer à des troubles d’apprentissage. Les corticostéroïdes, aussi communément prescrits, peuvent avoir des effets semblables.

On estime qu’environ une personne sur cinq souffre d’un type d’allergie. L’asthme, qui accompagne souvent des allergies de toutes sortes, est l’une des maladies chroniques les plus courantes. Bon nombre de symptômes de l’asthme et d’autres allergies peuvent être considérablement réduits en limitant l’exposition aux allergènes et aux irritants.

C’est là que des personnes comme Chris Broadbent, chef de la santé et sécurité au Conseil scolaire de district de Toronto, jouent un rôle primordial. Broadbent se bat régulièrement contre une série d’allergènes intérieurs qui peuvent avoir une influence négative sur l’apprentissage en classe. Au printemps, il dit que les inondations ont été telles qu’il a fallu remplacer les tapis par des couvre-sol en vinyle pour éviter que ne se répande la moisissure. À Toronto, où la croissance de la population étudiante a entraîné la prolifération de classes portatives, ce problème est particulièrement grave. D’après Broadbent, il a fallu condamner de nombreuses classes portatives en raison de l’infestation par la moisissure.

Ce souci d’avoir de l’air propre sans allergène se transpose dans le type de produits de nettoyage et d’entretien utilisé dans les écoles. Broadbent se dit bombardé par des vendeurs de «toute sorte de produits allant de l’huile de serpent aux produits nettoyants tout usage» et qu’il consulte toujours l’information qui accompagne les produits anti-allergènes et écologiques.

Autrement, David Hobbs est maintenant âgé de 12 ans et se prépare à fréquenter l’University of Toronto Schools en 7e année. À nouveau, ses parents devront sonner l’alarme pour s’assurer que tout le monde soit bien au courant des allergies mortelles. Depuis qu’il est passé à deux doigts de la mort quand il était bébé, David n’a pas eu de crise anaphylactique. Mais il se doit toujours de faire preuve de vigilance et être prêt.

«Ça ne change rien à ma vie, dit-il avec philosophie. Cela ne fait que me différencier par rapport aux autres. Tous mes amis font très attention. Les seules fois où je me sens mis de côté, c’est quand je me mets de côté moi-même afin de me protéger. J’imagine que je devrai toujours faire attention.»

Vous pouvez commander le manuel sur les allergies de l’Association canadienne des commissions / conseils scolaires à Ottawa au 1-613-235-3724. Certains sites web sont aussi utiles : Réseau canadien sur la santé – www.canadian-health-network.ca; Association d’information sur les allergies et l’asthme – www.allerg.qc.ca/AIAA.html; Anaphylaxis Network of Canada – www.anaphylaxis.org. Lou Brandes, directeur de l’école Ferndale Woods à Barrie est heureux de rendre accessibles aux personnes intéressées les ressources dont il se sert. Vous pouvez le joindre au 705-733-5636 ou par télécopieur au 705-733-0723.